Le roi se meurt

Le roi se meurt

Dates de représentation

24 mars 2020 à 14h et 20h30 au Laussy de Gières (38)

« Le 18 avril 2015 est une date dont je me souviendrai longtemps, ainsi qu’une grande partie des grenoblois qui s’intéressent à la culture. Cette nuit là fut longue et triste. Cette nuit là, la nouvelle compagnie que je construisais avec une équipe de presque 20 personnes disparaissait dans les flammes du théâtre Prémol.

Il me fallut du temps, beaucoup de temps pour digérer cet événement. Mon métier, ce métier que je faisais depuis près de 25 ans n’avait plus de sens : les difficultés grandissantes de la production de spectacles, la précarité absolue de nos métiers et finalement cet incendie criminel avaient raison momentanément de mon énergie et de ma passion. Bref, j’étais déprimé.

Et puis un jour un ami….

Un ami cher à mon cœur vint me trouver pour me parler de théâtre, pour me convaincre de le mettre en scène dans un spectacle. Sa passion, sa ténacité ce jour-là rallumèrent ma joie de ce métier. Je me rendais compte en l’écoutant que ma flamme ne s’était jamais éteinte, que je la chérissais toujours. Je sentis, grâce à ses mots et son enthousiasme, que la passion était toujours là et qu’elle était toujours vive, dévorante. Essentielle…

Alors je lui répondis oui, alors que je m’étais engagé à ne plus mettre en scène de spectacles amateurs, alors que je ne savais pas comment et quand nous pourrions créer ce spectacle. Et puis les signes du destin sont toujours étonnants : cet ami de 87 ans alors me demandait de mettre en scène « le Roi se meurt » de Ionesco. Il me demandait de travailler sur la mort. Une mort traitée par l’absurde. La blague était trop belle, le signe trop clair : je dis «oui».

Et je me plongeais avec délice et passion retrouvée dans cette nouvelle aventure. Encore une fois, la vie prévaut…. » – Benoît Kopniaeff

Le roi se meurt

Le palais et le roi se dégradent à l’unisson. Le roi doit alors être informé de cet état de fait et être prévenu que la fin de son règne est proche. Et bien que le Médecin, qui rapporte que les astres sont formels, assure que c’est la fin, le roi et la reine Marie refusent d’admettre la réalité.

L’Auteur – Eugène Ionesco

Découvrir un auteur et son œuvre est toujours une aventure exaltante. Ionesco est un des maîtres de l’écriture dramaturgique contemporaine. Il travaille sur le langage. Ou plutôt sur les soubassements du langage, ses signes…

Travailler Ionesco c’est se confronter à une vision déglinguée de l’humanité, à son illusion. Tout son univers tend vers cette singularité : les tentatives de l’humanité. Pas sa réalisation, ses succès. Non. Ce coté absurde, dérisoire de l’Existence. Une poussière dans l’univers et dans le temps. Et cette futilité première, cette insignifiance grandit chacun de nos gestes, paradoxalement. Et tout d’un coup, nous avons besoin d’être des rois comme dans « Le Roi se meurt ».

Pourquoi est-il roi ? Eh bien !, dit Ionesco, parce que l’homme est roi, le roi d’un univers. Chacun de nous est là comme au cœur du monde, et chaque fois qu’un homme meurt, qu’un roi meurt, il a le sentiment que le monde entier s’écroule, disparaît avec lui.

La mort de ce roi se présente comme une suite de cérémonies à la fois dérisoires et fastueuses – fastueuses parce que tragiques. En fait, ce sont les étapes d’une agonie ou, si l’on préfère, celles de la renonciation: peur, désir de survivre, tristesse, nostalgie, souvenirs et puis résignation. Enfin, dépouillé de tout, et seulement à ce moment-là, il s’en va.

Ionesco nous interroge sur ce que nous sommes. Il attaque nos singularités dans un langage apparemment quotidien mais qui révèle nos fractures, nos peurs, nos angoisses. Ses textes révèlent, phrases après phrases, dans une candeur affichée, une complexité souterraine. Et ses personnages nous rappellent toute l’incongruité de l’humanité.

Mettre en scène Ionesco, c’est plonger dans l’aventure de l’humanité post-deuxième guerre mondiale. C’est croire que Dieu n’existe plus et que l’Homme n’a que l’illusion de son pouvoir. C’est finalement se rapprocher de l’éphémère, de la fulgurance de la Vie. Dans une virtuosité et une précision qui font de cet auteur franco-roumain qui écrit en français un des génies du théâtre.

Le roi se meurt

Le palais et le roi se dégradent à l’unisson. Le roi doit alors être informé de cet état de fait et être prévenu que la fin de son règne est proche. Et bien que le Médecin, qui rapporte que les astres sont formels, assure que c’est la fin, le roi et la reine Marie refusent d’admettre la réalité.

Dates de représentation

24 mars 2020 à 14h et 20h30 au Laussy de Gières (38)

L’Auteur – Eugène Ionesco

Découvrir un auteur et son œuvre est toujours une aventure exaltante. Ionesco est un des maîtres de l’écriture dramaturgique contemporaine. Il travaille sur le langage. Ou plutôt sur les soubassements du langage, ses signes…

Travailler Ionesco c’est se confronter à une vision déglinguée de l’humanité, à son illusion. Tout son univers tend vers cette singularité : les tentatives de l’humanité. Pas sa réalisation, ses succès. Non. Ce coté absurde, dérisoire de l’Existence. Une poussière dans l’univers et dans le temps. Et cette futilité première, cette insignifiance grandit chacun de nos gestes, paradoxalement. Et tout d’un coup, nous avons besoin d’être des rois comme dans « Le Roi se meurt ».

Pourquoi est-il roi ? Eh bien !, dit Ionesco, parce que l’homme est roi, le roi d’un univers. Chacun de nous est là comme au cœur du monde, et chaque fois qu’un homme meurt, qu’un roi meurt, il a le sentiment que le monde entier s’écroule, disparaît avec lui.

La mort de ce roi se présente comme une suite de cérémonies à la fois dérisoires et fastueuses – fastueuses parce que tragiques. En fait, ce sont les étapes d’une agonie ou, si l’on préfère, celles de la renonciation: peur, désir de survivre, tristesse, nostalgie, souvenirs et puis résignation. Enfin, dépouillé de tout, et seulement à ce moment-là, il s’en va.

Ionesco nous interroge sur ce que nous sommes. Il attaque nos singularités dans un langage apparemment quotidien mais qui révèle nos fractures, nos peurs, nos angoisses. Ses textes révèlent, phrases après phrases, dans une candeur affichée, une complexité souterraine. Et ses personnages nous rappellent toute l’incongruité de l’humanité.

Mettre en scène Ionesco, c’est plonger dans l’aventure de l’humanité post-deuxième guerre mondiale. C’est croire que Dieu n’existe plus et que l’Homme n’a que l’illusion de son pouvoir. C’est finalement se rapprocher de l’éphémère, de la fulgurance de la Vie. Dans une virtuosité et une précision qui font de cet auteur franco-roumain qui écrit en français un des génies du théâtre.

Mise-en scène – Scénographie

L’écriture de Ionesco est tellement absurde que ça incite à la création de quelque chose de beau et burlesque à la fois. Ce burlesque sert le propos du roi qui meurt et est entrecoupé par des moments tendres et poétiques.
L’action se déroulera sur une scène inclinée. Cette pente qui s’abîme dans le futur (de gauche à droite). A l’endroit le plus haut de la scène – un lampadaire antique qui par moment grésille et clignote, comme pour faire écho à la situation du royaume qui s’étiole. Du coté opposé – un arbre mort, aux feuilles sur le point de tomber.
Les costumes seront presque des décors à eux seuls, contraignant, sculptant ou dévoilant les corps des comédiens. Chaque détail est un symbole fort, propre à chaque personnage et à sa fonction. A l’image du royaume qui disparaît, les costumes vont se transformer eux aussi. Une des inspiration pour la création des costumes est le travail de la polonaise Katarzyna Konieczka.
On dit que la lumière est un personnage à elle seule. Elle ne fait pas qu’éclairer de façon pratique, elle sublime, révèle ou cache ce qui se passe sur scène. Elle transforme aussi les textures, les visages, les formes… C’est dans cet esprit que André-Paul Venans va travailler. La mise en scène et la création lumière se feront quasiment en même temps, dans un dialogue et non pas l’une au service de l’autre.

Mise-en scène – Scénographie

L’écriture de Ionesco est tellement absurde que ça incite à la création de quelque chose de beau et burlesque à la fois. Ce burlesque sert le propos du roi qui meurt et est entrecoupé par des moments tendres et poétiques.

L’action se déroulera sur une scène inclinée. Cette pente qui s’abîme dans le futur (de gauche à droite). A l’endroit le plus haut de la scène – un lampadaire antique qui par moment grésille et clignote, comme pour faire écho à la situation du royaume qui s’étiole. Du coté opposé – un arbre mort, aux feuilles sur le point de tomber.

Les costumes seront presque des décors à eux seuls, contraignant, sculptant ou dévoilant les corps des comédiens. Chaque détail est un symbole fort, propre à chaque personnage et à sa fonction. A l’image du royaume qui disparaît, les costumes vont se transformer eux aussi. Une des inspiration pour la création des costumes est le travail de la polonaise Katarzyna Konieczka.

On dit que la lumière est un personnage à elle seule. Elle ne fait pas qu’éclairer de façon pratique, elle sublime, révèle ou cache ce qui se passe sur scène. Elle transforme aussi les textures, les visages, les formes… C’est dans cet esprit que André-Paul Venans va travailler. La mise en scène et la création lumière se feront quasiment en même temps, dans un dialogue et non pas l’une au service de l’autre.

L’équipe

 

Mise en scène – Benoît Kopniaeff

Comédien et metteur en scène depuis vingt cinq ans, il a été formé au conservatoire de Grenoble et a commencé sa carrière avec la compagnie professionnelle Takiya Tokaya Théâtre. Formé à l’improvisation, à la commédia dell’arte et à l’escrime, il créé des spectacles populaires de différentes tendances. Aussi à l’aise dans le répertoire que dans le théâtre contemporain, il aime sortir des sentiers battus pour surprendre encore et toujours.

La nouvelle aventure Black Dogg Production commence par la création du Roi se meurt de Ionesco. Une équipe de comédiens amateurs encadrés par un metteur en scène, une costumière et un créateur lumière professionnels. Chercheur infatigable, critique de son propre travail, il veut créer des ponts avec d’autres compagnies, d’autres artistes et, plus important, avec un public qui ne va pas forcément au théâtre.

Assistante à la Mise en Scène – Génia Konstantinova

Comédienne et intervenante, elle s’est formée avec différents metteurs en scène. Théâtre classique, commedia del arte, chant, clown, escrime de spectacle, théâtre de rue… elle ne s’arrête pas à un genre en particulier.

Russe de naissance, elle est porteuse d’une double culture et l’utilise dans son travail de comédienne, comme dans la direction d’acteur ou dans le travail d’écriture.

Dans le Roi se meurt, elle se lance dans un travail sur la dramaturgie de cette pièce pour donner un sens aux différents étapes qui précédent la mort. Du diagnostic au départ définitif en passant par le déni, la peur, la colère, la résignation, la nostalgie…

Crédit photos

Pierre Treille

Mr Midnight

Olivier Pascual